Dans mes yeux ternes plus aucune chimère ne se reflète, l'hiver empli l'éther et je me perd .
Vers d'autres ports, un ancrage ancien, abandonné depuis trop longtemps .
Jadis, je voyais le camaïeux azur des cristaux d'océan pleuvoir sur mes pensées , mais les cieux sont gris acier en ce jour .
J'interroge le très haut, espérant sans vraiment y croire un espoir .
Ma gorge est aride, toutes les perles liquides souffrent à mes iris .
Le brun de la terre les submerge, sombre dans un lac noir, vient y puiser de la peur, je t'y invite
Sous le goudron de la ville, mon âme en promesses éparses s'évapore, damé par le poids de la vie j'explose . Un millier d'étoile, une poussière de fée .
Lumière, bruit, obstacles, tous se dressent face à moi, un homme, je ne suis qu'un homme à la recherche d'une ombre, l'ombre de soi qui s'installe vers d'autres paradis, un enfer sans fond auquel j'aspire, des comptes en vain où le temps s'engouffre et qui me happent dans le dégel ;
c'est le printemps tout autour, et en une statue de glace, je disparais enfin ...
Puisque tout est enfin terminé, c'est un souffle de nostalgie qui m'effleure . Le vent calme et doux passe sur le porche, il sonne langoureux, je lui ouvre la porte, il m'emporte .
Loin, loin, très loin ...